GODOT

Série en cours, débutée en 2019.
Calais.

Septembre 2016 le démantèlement de la jungle de Calais est annoncée par le ministre de l’Intérieur.
Cette zone sera réaménagée en sanctuaire pour les oiseaux migrateurs, c’est à partir de cette ironie que j’ai décidé de documenter ce territoire.
Calais est un noeud de tensions liées à l’immigration, elle fait partie des communes le plus pauvres de France tout en étant un hub de transport de marchandises et de tourisme. Dans son envie de se développer réside des oubliés, des invisibilisés.
Migrants ou Hommes oiseaux comme les appellent certains bénévoles, ils sont condamnés à la traversée et aux allers-retours incessants du territoire européen tel des passereaux.
En lien avec l’oeuvre de Masahisa Fukase « Ravens », ce travail s’applique à lier la liberté des oiseaux traversant frontières et murs et l’absurdité d’être cloué au sol où la file guette.
Les illégaux sont au pied de l’arbre de « Waiting for Godot » de Samuel Beckett, chaque jour est le même à attendre un dénouement à l’abri du regard des légaux.

Work started in 2019.
Calais.

September 2016, French government announces the Calais Jungle dismantling.
This area will be rearranged as a sanctuary for migrating bird. From this ironic situation, I decided th document deeply this area.
Calais is at the center of tensions due to immigration, and is one of the France’s poorest cities, event though it’s a import-export hub. In this developing desire, lives forgotten souls, invisibles.
Migrants or « Hommes Oiseaux » (trad. Bird-men), as called by some volunteers, are condemned to cross over and back, times ant times again on European territory, in the same manner with Passerines.
Linked with Masahisa Fukase work « Ravens », this work is focused on the freedom of birds crossing frontiers, was and the foolishness of being stuck on the ground where the craziness lingers.
The undocumented are laying at the bottom of the « Waiting for Godot » tear (Samuel Beckett). Every day is the same, waiting for a short of resolution, hidden from the onlooking of the « documented ».

La zone Jules Ferry (lieu de l’ancienne Big Jungle) est transformée en zone protégée pour les oiseaux migrateurs, vue d’un poste d’observation des oiseaux.
L’été les bras se dévoilent laissant apercevoir des tatouages artisanaux ou non. Beaucoups ont des oiseaux, je lui ai demandé pourquoi. Il m’a pris pour un con en me disant « devine » pour souligner l’évidence de ceux ci.
Grille protégeant le port de Calais. Un parterre de fleur y est planté au pied de celui-ci. Certains dispositifs antimigrants sont végétalisés.On pourrait croire au brouillard mais c’est la fumé de feu de camp que l’on peut apercevoir aux lisières des jungles.
Zone protégée pour les oiseaux migrateurs, des passants les observent. Plage des Hemmes, un mur protège la construction de l’extension du port de Calais.
Abraham dans le quartier du Beau-Marais achetant de la bière et des cigarettes pour patienter avant la nuit. Beaucoup de migrants et de Calaisiens s’approvisionnent dans ce quartier pour avoir des cigarettes moins chères, généralement coupées.
Le Dragon, symboliquement gardien d’un seuil, est devenu le nouvel atrait touristique de la ville.
Oiseau mort au pied de la frontière.
Ancienne usine désindustrialisée.
Les démentellements ne sont pas visible, lorsque la police part seul les marques au sols restent pour témoigner.
A force d’attendre, la peine se marque dans la pierre comme dans la chair.
«Le mur de la honte», sur ce positif antimigrant les graffitis le dénonçant sont effacés mais des traces restent.
Cimetière de Calais, une partie est réservée aux petites concessions de fortune. C’est ici où sont enterrés les corps des migrants retrouvés dans la Manche qu’on ne peut identifier.